Sermon (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Prédication, discours chrétien, qui ordinairement se prononce en chaire, dans une église, pour instruire et pour exhorter les fidèles. "Les s du carême, de l'avent. Il y a tous les dimanches dans cette église. Faire un . Composer un . Débiter, prononcer un . Un divisé en trois points. Un en trois points. Aller au . Entendre un . Les s de Bossuet, de Bourdaloue."
Il se dit, dans le style familier, d'une Remontrance ennuyeuse et importune. "Il est venu me faire un long . Il fait des s à tout le monde."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Discours chrétien qui se prononce en chaire, pour annoncer et expliquer la parole de Dieu et pour exciter à la pratique de la vertu.
PASC.: « Il y a beaucoup de gens qui entendent le de la même manière qu'ils entendent vêpres »
SÉV.: « Bourdaloue dans la vie civile et commune, que charmé et enchanté de ses s »
BOSSUET: « Les s du P. Bourgoing n'étaient pas le fruit d'une étude lente et tardive, mais d'une céleste ferveur »
FLÉCH.: « Ce dernier et célèbre où il [Grégoire de Nazianze] rendit compte de son administration et de sa conduite »
BOILEAU: « Avant lui Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux s de Cotin »
BOILEAU: « Cotin, à ses s traînant toute la terre, Fend des flots d'auditeurs pour aller à sa chaire »
FÉN.: « Un où les applications de l'Écriture sont fausses, où une histoire profane est rapportée d'une manière froide et puérile, où l'on voit régner partout une affectation de bel esprit, est-il bon ? »
FÉN.: « Il y a quelque temps que je m'endormis à un : vous savez que le sommeil surprend aux s de l'après-midi Projet pour rendre les s plus utiles, Titre d'un ouvrage de l'abbé de St-Pierre. »
VOLT.: « Un en France est une longue déclamation scrupuleusement divisée en trois points, et récitée avec enthousiasme ; en Angleterre, un est une dissertation solide et quelquefois sèche qu'un homme lit au peuple sans geste et sans aucun éclat de voix »
D'ALEMB.: « Les s qu'on a imprimés de lui [de Bossuet], restes d'une multitude immense, car jamais il ne prêcha deux fois le même, sont plutôt les esquisses d'un grand maître que des tableaux terminés »
    Par extension.
SÉV.: « Je me contente des Évangiles expliqués de M. le Tourneux : ce sont les vrais s ; c'est la vanité des hommes qui les a chargés de tout ce qui les compose présentement »

 2   Familièrement. Remontrance ennuyeuse et importune.
RÉGNIER: « Jeanne, ce temps pendant, me faisait un »
LA FONT.: « Et vous lui fait un beau Pour l'exhorter à patience »
SÉV.: « Comment, ma fille, j'ai donc fait un sans y penser ? »
DESHOUL.: « Sa nourrice [de Phèdre, dans Racine] lui fait un fort chrétien Contre l'affreux dessein d'attenter à soi-même »
J. J. ROUSS.: « Ne lui faisant point de s, se mettant toujours à sa portée »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. LXXXVII: Franceis [il] apelet, un sermun [discours] lur ad dit
     ib. CCXCII: Tant [elle] ad oït e sermuns e essamples [qu'elle se fit chrétienne]
    XIIème siècle
     Th. le mart. 160: Li evesques de Londres i ad fait un sermun, Pur le rei e pur lui dist sa confessiun
    XIIIème siècle
     Berte, XXIII: Chascuns l'a fiancé [promis], cours en fut li s [discours]
     la Rose, 4854: Et puisqu'à fortune venons, Et de s'amor [de son amour] tenons, Dire t'en voil fiere merveille
JOINV.: « Le legat fist le por deus samedis »
    XIVème siècle
ORESME: « Et de l'ame avons nous dit en aucuns s hors ceste science »
J. DE CONDÉ: « C'est que par iaus [eux, les prêtres] sommes semons Par parolles et par siermons, Que nous nous gardons de mesprendre »
    XVIème siècle
BONIVARD: « De devant [à Berne] avoient longtemps plaidoié la messe et le [le protestantisme], lequel seroit maistre ; mais cette année le gaigna, et chassa la messe hors de la ville »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. sermo, ; espagn. ; ital. e ; du lat. em, discours.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Prédication, discours chrétien, qui ordinairement se prononce en chaire, dans une église, pour instruire et pour exhorter le peuple. "Beau . Sermon pathétique, instructif, édifiant. Les s du carême, de l'avent, de l'octave du saint sacrement. Il y a tous les dimanches dans cette église. Faire un . Composer un . Un divisé en deux points, en trois points. Aller au . Entendre un . Prêcher un . Débiter, prononcer un . Voilà le qui sonne, qui tinte. Le commence, finit. Aller à la messe et au . Imprimer des s. Dormir au . Les s de Bourdaloue, de Massillon."
Il se dit quelquefois, dans le style familier, d'Une remontrance ennuyeuse et importune. "Il m'est venu faire un , un grand , un long . Il fait des s à tout le monde."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Prédication, discours chrétien, qui ordinairement se prononce en chaire, dans une Église, pour instruire et pour exhorter le peuple. "Beau . Sermon pathétique, instructif, édifiant. Les Sermons du Carême, de l'Avent, de l'Octave du Saint Sacrement. Il y a Sermon tous les Dimanches dans cette Église. Faire un Sermon. Composer un Sermon. Aller au Sermon. Prêcher un Sermon. Débiter, prononcer un Sermon. Voilà le Sermon qui sonne, qui tinte. Le Sermon commence, finit. Aller à la Messe et au Sermon. Imprimer des Sermons. Dormir au Sermon. Les Sermons de Bourdaloue, de Massillon".
Il se dit quelquefois, dans le style familier, d'Une remontrance ennuyeuse et importune. "Il m'est venu faire un sermon, un grand . Il fait des sermons à tout le monde".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Prédication, discours chrétien, qui ordinairement se prononce en chaire, dans une Église, pour instruire & pour exhorter le peuple. "Beau . Sermon pathétique, instructif, édifiant. Les Sermons du Carême, de l'Avent, de l'Octave du Saint Sacrement. Il y a Sermon tous les Dimanches dans cette Église. Faire un Sermon. Composer un Sermon. Aller au Sermon. Voilà le Sermon qui sonne, qui tinte. Le Sermon commence, finit. Aller à la Messe & au Sermon. Imprimer des Sermons. Dormir au Sermon. Les Sermons de Massillon, de Fléchier."
Il se dit quelquefois dans le style familier, d'Une remontrance ennuyeuse & importune. "Il m'est venu faire un , un grand . Il fait des s à tout le monde."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

SERMONAIRE, s. m. SERMONER, v. act. SERMONEUR, s. m. [1re "ê" ouv. 3e "è" moy. au 2d, "é" fer. au 3e, "nère", "né", "neur".] "Sermon", discours chrétien, fait pour être prononcé en chaire. = En st. famil. remontrance ennuyeûse. '"Ah"! "voici les s", l'ennui, dit "Valère", dans le "Méchant". = "Sermonaire", Recueuil de s, "ou" Auteur de s. "Sermoner", faire d'ennuyeûses remontrances. 'Il vient "nous er" à toute heure. "Sermoneur", qui e. 'C'est un "sermoneur" éternel.
   Mondor, porte ces vers à l'Auteur du Mercure.
   - Beau fruit de "mon Sermon". - Digne du "Sermoneur".
       PIRON. "Métrom."
  Je déteste la prose et les drames aussi....
  Ce sera sûrement quelque jérémiade,
  Quelque mauvais "sermon" gréfé sur un roman.
       "Palissot".
= * "La Bruyère" dit "Sermoneur" pour "Prédicateur": On ne pourrait le dire qu'en se moquant.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Predication, discours chrestien, qui se prononce en chaire dans une Eglise, pour instruire & pour exhorter le peuple. "Beau . pathetique, instructif, édifiant. les s du Caresme, de l'Advent, de l'Octave du saint Sacrement. il y a tous les Dimanches. faire un , composer un . aller au . voilà le qui sonne, qui tinte. le commence, finit. aller à la messe & au ".
Il se dit quelquefois d'Une remonstrance ennuyeuse & importune. "Il m'est venu faire un , un grand . il fait des s à tout le monde".




Emplacement dans le dictionnaire :

serine
seriné
sérine
seriner
seringué
seringue
seringuer
serment
sermenté

sermonnaire
sermonner
séro-sanguin
séroline
serosité
sérosité
serpent
serpente
serpenter
serpentin
serpette




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...sur ces phénomènes seront utiles à ceux qui observent curieusement le mécanisme de la pensée humaine. Il y a, de jadis, un opuscule grotesque, maintes fois réimprimé et encore colporté ; c'est un sermon en proverbes, ordonné pour satiriser soit les gens qui évoquent trop, par la sagesse des nations, leur propre niaiserie, soit les prédicateurs qui répétaient toujours les mêmes exhortations vaines...


Citation n°2 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...salle, destinée à la réception de ses fournisseurs ; ils entraient, s'asseyaient les uns à côté des autres, dans des stalles d'église, et alors il montait dans une chaire magistrale et prêchait le sermon sur le dandysme, adjurant ses bottiers et ses tailleurs de se conformer, de la façon la plus absolue, à ses brefs en matière de coupe, les menaçant d'une excommunication pécuniaire s'ils ne...


Citation n°3 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...à un manque de mémoire ! Son éminence elle-même s'inquiétait. Cependant, ces quelques instants étaient bien nécessaires au moine ; à la vue de son auditoire, il avait changé le sujet de son sermon. Il se releva, étendit de son front à sa poitrine, un vaste signe de croix et d'une voix sûre, d'une voix qui avait appris à prononcer et à dire et qui forçait l'attention par son accentuation...


Citation n°4 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...prodige de la grâce et le prodige de la volonté, le moine et le mage s'embrassèrent. XXXIV le péché d'imbécillité : elles avaient employé toutes les ruses pour envoyer père, frère, mari, amant à ce sermon ; si bien que la grande nef était pleine des gens de cercle et de sport et autres buses. Dans les bas-côtés, tassées et heureuses, elles attendaient ce fin régal : la condamnation de ll ss les...


Citation n°5 de Henri MURGER (Scènes de la vie de jeunesse)

...doute la seule personne avec laquelle vous ayez consenti à avoir des relations, et c'est probablement mon âge qui m'a valu cette préférence. Vous m'aurez pris pour un marchand de morale, un bon père sermon bien radoteur, et vous vous serez dit : voilà mon affaire. De même que moi, lorsque je vous ai vu arriver ici pour la première fois, je me suis dit de mon côté : mon nouveau voisin est jeune, ça...


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